"Regards d’Afrique"
Dessins de presse en collaboration
avec Courrier International
Associé à Africajarc depuis l’année
dernière, l’hebdomadaire Courrier international présente cette année à Cajarc l’exposition de
dessins de presse "Regards d’Afrique".
Deux
dessinateurs, l’un du Burkina Faso, l’autre du Sénégal,
deux façons de parler de ce continent,
ou du moins d’un morceau de ce continent, deux façons d’aborder
le sujet : "Goorgoorlu", ou
l’art de la débrouille d’un Dakarois confronté au
coût de la vie, du sénégalais TT
Fons, et "La
Françafrique", ou les relations compliquées, voire abracadabrantesques,
d’un couple pas
toujours légitime.
TT Fons, alias Alphonse Mendy,
caricaturiste à l’hebdomadaire dakarois "Le
Cafard Libéré",
a créé Goorgoorlu au début des années 1990.
A l’époque,
le
Sénégal est soumis aux rugosités du plan d’ajustement
structurel élaboré par le FMI et la Banque mondiale. La
paupérisation s’accroît. C’est dans ce contexte
que naît
Goorgoorlu, dont le nom signifie en wolof "se
débrouiller".
Dans chaque planche, notre héros cherche
le moyen de récolter de quoi nourrir sa famille, d’assurer,
comme il dit, la "D.Q" (dépense
quotidienne) – une façon d’exposer avec humour et dérision
les maux quotidiens des habitants du
Sénégal. Le héros de TT Fons et sa famille, auxquels
nombre de Sénégalais ont pu s’identifier, a
rencontré un tel succès que la bande dessinée a été adaptée
en sitcom à la télévision au début des
années 2000, sans que l’engouement se démente, au contraire.
Les planches de Goorgoorlu, publiées
dans "Le Cafard Libéré", ont été éditées.
Il
existe neuf albums, sortis entre 1991 et 2000.
Depuis
quelques mois, TT Fons a repris le crayon ; Goorgoorlu est désormais
publié chaque semaine, en
couleurs, dans l’hebdomadaire sénégalais "Nouvel
Horizon".
Damien Glez a un itinéraire atypique. Ce
burkinabé "blanc
de peau" est né à Nancy et il est
diplômé d’une grande école française. Lors
de son service militaire en coopération, il
tombe amoureux du Burkina Faso, s’y installe, s’y marie, en adopte
la nationalité, et se
laisse aller à sa passion pour le dessin. Il rejoint en 1991 l’équipe
du tout jeune
hebdomadaire satirique "Le Journal du Jeudi" dans lequel il
travaille toujours.
Glez incarne parfaitement le "dessinateur éditorialiste",
dont les dessins sont autant de
commentaires, souvent grinçants sur l’actualité.
