Au commencement, les Zap Mama étaient cinq ; il n'en
reste plus qu'une. Aujourd'hui, Marie Daulne, la fondatrice du groupe, tient
seule le flambeau. Qu'importe, elle a de l'énergie pour déplacer
les montagnes.
L'aventure des Zap Mama commence en 1990. Fille d'un père belge et
d'une mère zaïroise, Marie Daulne met en place un groupe qui
reflète son goût du mélange des genres musicaux.
Leur
premier album, "Zap Mama", explore a cappella les carrefours entre
la musique pygmée et les sonorités des mégapoles occidentales.
Ce premier disque est un succès international. A tel point que David
Byrne, ex-leader du célèbre groupe "Talking Heads",
sort l'album sur son label Luaka Bop.
Les Zap Mama se retrouvent classées
deuxième vente de World music aux Etats-Unis en 1993. Les festivals
s'enchaînent (Womad, New York Jazz Festival...).
En 1994, sort "Sabsylma", le deuxième album de Zap
Mama, mâtiné cette
fois de musiques indiennes, marocaines et australiennes.
Durant les deux années
qui suivent, Marie Daulne bourlingue à travers le monde. Lorsqu'elle revient
enfin à Bruxelles, elle a tout l'album "7" en tête. Des
musiciens viennent enrichir le son a cappella de Zap Mama : Stéphane Gallandet Michel
Hatzidjordju ont intégré le groupe, Aka Moon pour la
rythmique, ainsi que Luk Michiels et Bruno Meeus de "Wizards of Ooze".
U-Roy, le vétéran rasta, vient également faire un tour sur "New
World" et le virtuose de tabla Shankaranarayanan participe à "Jogging à Tombouctou".
Zap-rap, cool et urbain, la musique de Marie Daulne est résumée
dans cette dédicace : "Je dédie ce disque à chaque
enfant et à celui encore présent dans l'adulte".
Le disque "A ma zone" a beau se déhancher
sur des rythmiques Funk ou Drum'N'Bass,
accueillir les interventions de maîtres du rap U.S. (The Roots et Speech
d'Arrested Developement) ou avoir été enregistré entre New-York,
Bruxelles et Philadelphie, il ne nous en parle pas moins de l'Afrique.
Certes c'est dans une Afrique contemporaine qu'il nous entraîne. Dans "A
Ma Zone" les chants tribaux et le gumbri croisent des sons digitaux flambants
neufs et la petite danse des fruits en équilibre sur la tête de
la femme de retour du marché est rythmée par la sonnerie insolente
de son gsm. En chantant les louanges de l'amitié ou en se servant de la
métaphore des jeux vidéos pour nous rappeler que c'est surtout
de sa propre vie dont il faut être le héros, la Zaïroise Belge
Marie Daulne et sa bande Zap Mama réaffirment leur indépendance
avec grâce, énergie et belle humeur.
Observatrices lucides de l'époque,
elles gardent le meilleur de la modernité occidentale sans pour autant
jamais renoncer à la sensualité Africaine.
Le dernier album "Ancestry in Progress" marque un virage dans sa
carrière, plus soul, accompagnée de rappeurs américains
tels Mos Def et les Roots, elle lance de nouveaux ponts entre les cultures.
Benjamin MiNiMuM Mondomix


