Mah Damba et son mari Mamaye Kouyaté sont tous les deux
nés dans la caste des griots. Ils font partie de l'ethnie
bambara (ou bamana), le groupe de langue mandé le plus nombreux du Mali.
Elle est la fille du djeli le plus respecté du Mali, Djeli
Baba Sissoko,
un de ces "sacs à paroles (...) qui renferment des secrets plusieurs
fois séculaires, qui (détiennent) les clefs des douze portes
du Manding." Elle est également la nièce de Fanta
Damba,
l'une des plus grandes djelimousso du siècle.
Mah Damba chante le
répertoire habituel où abondent proverbes et sentences moralisatrices.
Elle célèbre aussi les héros de l'épopée
bambara "Da Monzon de Ségou", comme ici, Simbala
Koné,
qui sauve son père, le légendaire Bakari Djan devenu aveugle,
thème qui n'est pas sans rappeler la tragédie d'Oedipe. Un
des rôles des griots est aussi de chanter les louanges de leurs "patrons" (jatigui)
et, lorsqu'elle se produit dans les foyers maliens de la région parisienne,
Mah Damba doit connaître l'histoire des familles des invités
des mariages ou des baptêmes. Elle chante ainsi les louanges de la
famille des Kakolo, puis des Coulibaly.
Si le choeur féminin chante un refrain fixe, préparé à l'avance,
on reconnaît une bonne djelimousso à son art d'improviser, qui
sera apprécié et récompensé en conséquence
par la personne dont on chante les louanges. C'est donc un art très
ancien, mais toujours ouvert à la création que nous proposent
ici Mah Damba, Mamaye Kouyaté et leurs musiciens.
Leur musique s’inspire de la pure tradition malienne dont les instruments
sont : le ngoni est un luth dont le nombre de cordes va de quatre à sept,
la guitare et Le guita flé est une demi calebasse, ici percutée à mains
nues.
Mah Damba "Djélimousso" Mali : La Voix du Mandingue Mah Damba avec Mamaye Kouyaté et son ensemble "Djélimousso" Collection Musique du Monde


